Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 20:51
Je vous propose aujourd'hui de méditer sur un thème présent dans les évènements de la semaine sainte: la trahison.
 Alors que Judas mène ses tractations secrètes avec les chefs des prêtres, Jésus révèle au grand jour leur complot : « L’un de vous va me livrer ». Judas marchande avec les ennemis du Seigneur sur le prix de sa trahison ; Jésus annonce qu’il livre sa vie gratuitement : « Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » (Jn 10, 17). Judas est à l’affût d’une occasion favorable pour livrer son Maître ; Notre-Seigneur prend l’initiative et déclare : « Mon temps est proche. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs » (Mc 14, 41). Les hommes tendent leurs filets, croyant saisir Jésus à l’improviste, mais ils n’auraient aucun pouvoir sur lui, si cela ne leur avait pas été donné d’en haut (cf. Jn 19, 11). Certes, « il vient le Prince de ce monde », c’est lui qui est déjà à l’œuvre à travers ces complots mortels ; « mais il n’a aucun pouvoir » sur Jésus (cf. Jn 14, 30). Notre-Seigneur, parfaitement uni à son Père dans l’Esprit, maîtrise le déroulement des événements qui conduisent à un rythme accéléré vers la Passion.
Cette maîtrise n’est cependant pas en vue d’une « reprise en main » d’une initiative qui lui aurait échappé. Jésus n’utilise la connaissance infuse qu’il possède sur l’évolution du drame, que pour consentir librement à chaque étape de son déroulement, pour répondre à chaque action négative menée contre lui, par une parole d’amour sur laquelle la vague déferlante de haine vient s’écraser sans parvenir à l’ébranler.
La dernière Pâque préfigurative que le Maître a célébrée au milieu des siens, et au cours de laquelle il a institué l’Eucharistie, devait être pénétrée à la fois d’une profonde joie et d’un recueillement empreint de tristesse. Joie du Seigneur, pleinement conscient qu’il s’apprête à sauver le monde ; tristesse à la pensée du désarroi que son départ va causer dans le groupe des disciples ; tristesse en raison de la souffrance que sa Passion va causer à ceux qu’il aime, en particulier bien sûr sa Mère(on y pense pas assez) ; tristesse devant la trahison de son apôtre qu’il avait choisi avec amour, et que jusqu’au bout il aura entouré d’une tendresse toute particulière afin qu’il ne sombre pas, même après avoir commis l’irréparable.Car il faut le dire l'amour de Dieu est pour tous.
Si Jésus avertit ses apôtres : « Amen je vous le dis : l’un de vous va me livrer », ce n’est pas pour jeter le trouble, ni invoquer sur lui l’apitoiement. Mais pour avertir les disciples de tous les temps des ruses de l’ennemi qui rôde comme un lion, cherchant qui dévorer (cf. 1 P 5, 8). Ce qu’il suggère dans les ténèbres, Jésus le révèle au grand jour afin que nous puissions nous appuyer sur cette connaissance pour combattre victorieusement « fermes dans la foi » car l'ennemi profite TOJOURS des non dits et des situations troubles.
Il y a mille manières de trahir. En vendant son Maître, c’est-à-dire en le trahissant ouvertement et en rompant le lien de compagnonnage avec lui ; en décriant publiquement sa doctrine, son style de vie, sa personne, son Eglise. Mais cela peut se faire aussi plus subtilement, en diluant son message (et je tiens à rappeler que les exigences de l'évangile sont irréductibles surtout dans un monde ou on veut instrumentaliser Dieu et la réligion), en consentant à des compromissions, en relativisant le caractère surnaturel et unique de la révélation qu’il nous apporte.
« Serait-ce moi, Seigneur ? »
Cette question, il faut la faire notre aujourd'hui
 « C’est toi qui l’as dit ! »Jesus ne nous condamne pas, c'est nous meme qui construisons les barrières de nos enfers.
 Souvenons-nous que jamais Jésus n’a retiré son amour à Judas : au moment où celui-ci le trahissait par un baiser, c’est du nom de « mon ami » qu’il l’a accueilli (Mt 26, 50).
 Quelque soit notre parcours, revenons de tout notre cœur à celui qui nous attend, pour nous combler de sa grâce;C'est ce qui est pour moi la chose la plus belle dans le christianisme, et c'est ce qui indigne autant les autres: l'idée d'un pardon gratuit et d'un amour sans contre parti. Dieu nous a aimé le premier, et nous ne pouvons rien faire pour mériter celà. Comme on dit en Cote d'ivoire:"C'est cadeau!!!!"
Non, le Christ n’est pas un « produit » parmi d’autres dans le supermarché du « spirituel » ; il est l’unique Sauveur de TOUS les hommes, car « nul ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler ».
Non, la foi n’est pas une option secondaire  : « Malheureux l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! » Il nous faut entendre ce cri de douleur de l’amour rédempteur : « Qu’il est malheureux celui qui, ayant rencontré son Sauveur, s’en détourne pour prendre d’autres voies. Qu’il est à plaindre celui qui est rené d’eau et d’Esprit, mais qui oublie son baptême, le considère comme peu de choses(et malheureusement nous sommes nombreux comme celà aujourd'hui) : il aurait mieux valu pour lui qu’il ne soit pas né dans les eaux baptismales et qu’il ne soit pas marqué par le sceau du saint chrême, car son ignorance aurait plaidé en sa faveur, alors que maintenant sa négligence, sa tiédeur et son ingratitude l’accusent ».
  Un seul regard de foi vers celui que nous avons transpercé suffit à libérer sa miséricorde et à nous guérir de la blessure de la trahison.

Partager cet article

Repost 0
Published by ARIEL Ondoua - dans RELIGION
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de ARIEL Ondoua
  • Le blog de ARIEL Ondoua
  • : LIEU DE CREATION, de spontaneité et de liberté.
  • Contact

Recherche

Liens