Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 20:43

COMPLEXITE DES DES ARTS MARTIAUX CHINOIS

Kung Fu, Taiji Quan... beaucoup d'occidentaux pensent que les arts martiaux chinois se réduisent à deux grandes écoles. Dans les faits et au delà des noms, c'est une infinité de styles qui cohabitent dans l'Empire du milieu.

Dans beaucoup de pays aujourd'hui, quand on pense aux arts martiaux chinois, deux termes reviennent avec insistance : Kung Fu et Taiji Quan (souvent écrit Tai Chi Chuan). Le premier serait globalement ce à quoi s'adonnait Bruce Lee, ou encore les acrobaties dont nous gratifient les moines Shaolin lors de leurs spectacles. Il serait principalement destiné aux jeunes, plein d'énergie et de vitalité.

Pour le second, il ne s'agirait ni plus ni moins d'une gymnastique voire d'une version au ralenti du Kung Fu popularisé par des film comme tai chi master.  Et par conséquent, il serait idéal pour les personnes âgées aux articulations douloureuses, pour qui une activité douce est recommandée...


Méconnus par le public occidental

A peine exagérée, cette description montre à quel point, encore aujourd'hui, les arts martiaux chinois sont méconnus et souvent mal compris par ceux qui n'ont pas eu la chance d’aller  pratiquer en Chine.

Le poids de l'histoire tient sa place (de choix) dans ce phénomène : alors que Japonais et Coréens du sud ont rapidement cherché à diffuser leurs arts en occident, les Chinois ont gardé une certaine animosité de la période coloniale et refusaient généralement d'enseigner à l'ennemi. De plus il faut reconnaitre que les chinois sont un peuple assez reservé.

Par la suite, la Révolution culturelle de Mao Zedong a pris les arts de combat traditionnels pour cible. Beaucoup de grands maîtres sont partis à l'étranger, et le wushu chinois (terme qui désigne les arts martiaux) a pris une orientation beaucoup plus sportive, thérapeutique et stéréotypée.

Externes et internes, une classification simpliste

Hors de Chine, exceptés les experts en la matière, peu ont conscience de la grande richesse des arts martiaux chinois. Il est de coutume de les classer en deux catégories : les arts externes et les arts internes. Ce qui est une vue réductionniste du concept.


Dans la première, il s'agirait des disciplines plus portées sur le développement physique, issues de Shaolin, et donc principalement influencées par le Bouddhisme Chan. Dans la seconde, on mélange souvent pèle mêle les arts portés sur le développement du souffle et de l'énergie interne (Qi), dont l'origine viendrait du Mont Wudang, haut lieu du Taoïsme, qui aurait son influence sur eux.

Et donc souvent, on a tendance à parler de Kung Fu pour les arts externes (école exotérique), et à présenter le Taiji Quan comme le principal art interne (école ésotérique).

Cette vision des arts martiaux chinois est à la fois très réductrice et erronée, en particulier au niveau du vocabulaire adopté.

Le terme Kung Fu (ou Gong Fu) ne désigne pas à l'origine une catégorie d'arts de self défense mais signifie «la maîtrise» dans un domaine  comme je le rappelle souvent. Quand au Taiji Quan, il ne représente pas un, mais toute une famille de boxes issues d'une origine commune.

Pas un mais une multitude de Taiji Quan

La Boxe du Faîte Suprême, selon sa traduction littérale, se compose ainsi de plusieurs disciplines très différentes, dont les trois plus grandes sont les écoles Yang, Chen et Wu.


La première, la plus populaire de toute, a donné au Taiji sa réputation de boxe au ralenti, voire d'art thérapeutique. Pourtant, elle n'est qu'une variante du style d'origine, celui de l'école Chen, alternant mouvement souples et lents avec des enchaînements plus physiques et rapides. Quant à l'école Wu, elle représente une méthode basée, contrairement aux deux premières, sur des mouvements courts très près du corps.

Si l'on y regarde de plus près, ces trois grandes écoles, auxquelles on pourrait ajouter les styles Yao ou encore Sun, ne sont que des termes génériques abritant multitudes de variantes.

Une infinité d'écoles

La même variété existe dans l'ensemble du monde des arts martiaux chinois. Ainsi, parler d'une boxe de Shaolin se révèle particulièrement vague et sans intérêt.

Rien que sur le plan historique, ce sont un grand nombre de styles qui sont nés dans le célèbre temple, dont les plus célèbres sont le Wing Chun, la Boxe de la Mante Religieuse ou encore la Boxe de l'homme ivre et les formes animales.


Avec le temps, elles se sont diffusées dans toute la Chine et confrontées à des styles autochtones souvent créés dans le secret des cercles familiaux ou claniques (dont les sociétés secrètes). Le résultat n'a été autre que de créer encore plus de styles. Ainsi, les arts martiaux chinois ont quelque chose d'infini, de sans limite, peu comparable avec les pays voisins.

Dans l'immensité du territoire chinois, il semble aujourd'hui possible de trouver dans chaque ville ou région un art martial typique, soit totalement original, soit une ré-interprétation d'une discipline plus célèbre.

Le regard personnel a également son rôle dans le phénomène, les pratiquants chinois se donnant une très grande liberté pour faire évoluer leurs boxes et créer de nouveaux courants. De nombreuses versions modernes de boxes traditionnelles ont ainsi vu le jour.

L'exemple de la Mante Religieuse

Rien que pour la Boxe de la Mante Religieuse, dont la version archaïque est aujourd'hui appelée la Boxe de la Mante Religieuse de Shaolin, il existe trois grands styles : Sept Étoiles, Fleur de Prunier et Six harmonies. Mais à leurs côtés sont également nées les Boxes de la Mante Ivre, de la Mante aux mains de fouets, de la Mante de la Porte Secrète, de la Mante des Huit Pas ou encore la Longue Boxe de la Mante Religieuse...


A l'image de ce style, l'un de ceux ayant le mieux gardé son aspect traditionnel, on peut constater que les Boxes chinoises ne sont pas des styles figés, mais plutôt en perpétuelle évolution. Chaque génération voit la naissance d'un nouveau style, plus ou moins différent d'une discipline souche, ou alors de création totalement nouvelle.

Une classification impossible, mais des principes communs

C'est probablement pour se repérer à travers cette richesse de styles que beaucoup de spécialistes des arts martiaux aiment à subdiviser les enseignements dans les catégories internes ou externes, d'influences taoïste ou bouddhiste...

Dans les faits, cette mise en opposition est également une erreur. Car aujourd'hui, chaque art chinois aborde plus ou moins, avec des proportions différentes, les deux «opposés». Ceux ci sont d'ailleurs complémentaires, et présentés par les plus grandes maîtres chinois comme les deux premières étapes vers la maîtrise en combat et dans la vie.

Le travail externe, le plus physique, ne serait que la base de la pratique. Moins subtile, elle serait parfaite pour l'initiation des jeunes, et le développement d'un corps fort et flexible. Le travail interne, tout en sensation, serait seulement l'étape suivante, celle qui permet de vaincre un ennemi physiquement supérieur.

Et ensuite ? Il y aurait ce que les maîtres appellent le «sans forme», un état où les deux premiers principes sont assimilés, et où l'artiste martial ne s'enferme plus dans le moindre style afin de pouvoir tous les maîtriser.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by ARIEL Ondoua - dans CULTURE
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de ARIEL Ondoua
  • Le blog de ARIEL Ondoua
  • : LIEU DE CREATION, de spontaneité et de liberté.
  • Contact

Recherche

Liens