Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 11:47

 

 "la notion de centre en arts martiaux»

 ouverture

La notion de centre est très importante dans les arts martiaux extrêmes orientaux. Cela est tout à fait normal dans une civilisation ou rien n’est anodin et où chaque concept cache une réalité mystique ou spirituelle. Le concept de "centre" n'échappe pas à la règle!

Dans les arts martiaux, la recherche du centre et sa maitrise est une quête dont l'intérêt n'a d'égal que « «la recherche de la pierre philosophale » ou la «  quête du saint graal » en Occident ou dans les légendes médiévales.

Pour comprendre ce qui va etre exposer, il faut partir du principe que l’on pourrait diviser l’être humain selon différents centres ou zones. Bien sur, cette subdivision ne fait pas autorité, elle aide juste à construire un cadre theorique pour comprendre clairement ce qui va etre exposé.

Ainsi, on aura une :

-zone sociale

-zone physique ou corporelle

-zone épistémologique ou intellectuelle

-zone émotive ou sentimentale

-zone spirituelle ou religieuse

-et ce que je pourrai appeler le «  moi » (il ne faut pas le prendre ici au sens freudien du mot) qui constituerai l’essence même de l’individu

 

La figure ci- dessus essaye un peu d’illustrer l’idée exposée.

Les différentes zones chez l’homme

 

Chaque zone correspond à un centre différent.

La maitrise du concept de centre  a un intérêt qui dépasse le simple cadre des arts martiaux. Par exemple dans la culture d’Afrique subsaharienne, les meilleurs danseurs sont ceux qui arrivaient à travers l’enchainement de figure complexes à maitriser leurs centres. Les mouvements pour la plupart  circulaires ont pour but d’emmener le danseur à perdre son centre puis à le maitriser en essayant de le retrouver. De même, un style de kung fu c’est rendu célèbre par un travail similaire : le  zuiquan ou la boxe de l’homme ivre connu sous le nom de la boxe du saoulard. Le concept de ce style est l’imitation d’un mouvement déséquilibré d’un ivrogne afin d’apprendre à contrôler. Ainsi, les experts de ce style font preuve d’un sens de l’équilibre inouï ! Ils arrivent à tenir en équilibre sur un pied et à frapper de l’autre tout en tombant à la renverse ou à faire pivoter le corps dans tous les sens comme s’ils n’avaient pas de squelette. C’est ici le lieu d’apporter certains éclaircissements par rapport à de fausses idées que nous nous faisons bien souvent. La pratique de ce style ne nécessite nullement la prise de boisson alcoolisé ou de liqueur; Le principe est simplement de réussir à reproduire les effets de l’alcool sur soi (détente musculaire et mentale, gaieté) car, et cela est scientifiquement prouvé, plus un muscle est détendu, plus ses réflexes sont rapides. Cependant, il arrive en Chine que certains maitres demandent à leurs élèves d’en prendre juste pour expérimenter l’effet de l’alcool.

 

 

Les experts d’arts martiaux ont très vite compris que si on voulait vaincre quelqu’un, il fallait exercer une action sur son centre et pour cela il fallait le trouver ! Tout le travail des arts martiaux a pour but de retrouver et de pouvoir sentir son centre. Car la personne qui trouve le centre de l’autre peut le mettre en mouvement.

Pour revenir à notre sujet, il faudrait rappeler que  cette notion  de centre a plus qu’avoir avec une localisation physique, autrement l’intérêt des arts martiaux serait minime !

Car si j’arrive à détecter le centre de quelqu’un, je peux le mettre en mouvement (mobiliser son centre), et donc je peux le vaincre. Ces propos nous rappellent évidemment ceux d’un certain Archimède qui disait : « Donnez- moi un point d’appui et un levier  et je soulèverai la terre ».uchi kaiten nageL’intérêt du concept, c’est qu’il a plusieurs applications vu que nous avons des centres différents. Qu’est -ce à dire ?

Chez certains leur centre se trouve au niveau physique : activité  sportive prépondérante, plaisir de la chair, tape à l’œil, tendance à l’affichage…

Chez d’autres le centre se trouve au niveau intellectuel ou épistémologique : grand intérêt pour les activités intellectuels, les  études, la recherche..

Chez d’autres c’est le centre émotionnel : grand intérêt accordé à la  relation à l’autre, à son mariage à sa copine ou à l’amitié ;

Chez d’autres le centre est spirituel : intérêt portée à la vie religieuse, vie spirituel

Chez d’autres le centre est social : intérêt porté à la famille, aux activités de groupe, à notre image dans la société et surtout aux apparences qu’on renvoi aux gens. Dans ce groupe on trouvera généralement les banquiers, les hommes politiques(bref, des gens dont la profession nécessite de soigner les apparences).

Alors comme je le disais, si je trouve le centre de quelqu’un, il devient vulnérable. Cela part du principe très simple que « Si je prends conscience de mon centre, cela devient une force pour moi, mais si l’autre prends conscience de mon centre cela devient une menace. »

On trouve souvent des expressions comme : « il m’a mit hors de moi ! » cela renvoi simplement au fait que la personne a été touché et projeté hors de son centre. »

Alors je le répète, les arts martiaux sont basés sur la détection du centre du partenaire et l’action sur celui –ci en vu d’obtenir le résultat escompté, les techniques ne sont que des supports, voire des moyens.

Quel en sont les applications concrètes ?

Cela est très simple, si quelqu’un a un centre :

* sur la zone physique :

Pour un sportif de haut niveau qui est victime d’un accident grave, sa vie perd tout son sens parce qu’il a été touché dans son centre. Il perd son « gagne pain, c’était son centre ! »

Pour quelqu’un qui accorde beaucoup d’importance à son physique (disait quelqu’un de très beau), son centre se trouve généralement sur le visage. Si j’attaque son visage je peux m’attendre à deux attitudes certaines :

-soit il arrête immédiatement le combat (au risque de tout perdre) car je suis entrain de porter atteinte à son « intégrité physique »

-soit alors il va se jeter sur moi comme une bête s’il a déjà été sauvagement amoché vu que son centre a été compromis.

*Centre intellectuel :

Ici, il faut juste voir le cas des élèves, étudiants ou personnes qui échouent à leurs examens : les cas de suicides, de dépressions, ou de traumatismes.

*centre émotionnel :

Voir le cas des personnes qui se séparent de leurs copines ou copains, ceux qui sortent d’un divorce ou d’une grande amitié et qui sombrent totalement; soit parce qu’ils ce sont totalement investi dans la relation, soit parce que l’être aimé était leur TOUT, entendez par là : «  LEUR CENTRE !!! »

*centre spirituel :

Déjà il faut faire la différence entre le spirituel et le religieux. Un religieux n’est pas forcément spirituel(si sa pratique s’arrête à des formes extérieures de dévotion) mais un spirituel en règle général s’exprime à travers une religion.

Quand le centre de quelqu’un se trouve sur le plan spirituel (mais ici il faut plutôt comprendre ici « réligieux »), la personne peut facilement être décentré si vous portez atteinte à sa religion en parole ou en acte : voir par exemple le cas des extrémistes.

*centre social :

Voir  le cas des personnes qui perdent leur travail ou sont licenciés et tombent dans la dépression.

 

Alors comment faire pour ne pas être décentré ? Peut-on se demander.

Les experts d’arts martiaux ont été confrontés à ce problème car comment faire face à un adversaire qui arrive à détecter mon centre ?

C’est de cette préoccupation que sont nés des réponses comme les « kaeshi-waza » entendez contre -prises. Mais quel en ait réellement le principe ?

En effet, face aux problèmes posées il y’aurait deux solutions évidentes :

-la première serait d’avoir ou de créer plusieurs centres : ce qui est tout bonnement impossible dans la mesure ou l’ubiquité ne fait pas partie des attributs humains et que jamais on ne pourrait trouver quelqu’un qui excelle avec la même intensité dans tous les domaines.HOPEL’esprit humain est fait pour évoluer avec UN point d’appui et de référence.

Alors que faire ?: la mauvaise solution nous indiquera la bonne ! si je ne peux pas avoir plusieurs centres, je peux faire autre chose :

-Déplacer mon centre !

C’est la grande trouvaille des experts d’arts martiaux car ils l’ont compris très tôt.

Par exemple, face à quelqu’un qui va attaquer mon centre émotionnel en portant une insulte sur ma copine, ma femme ou mon ami, je peux déplacer mon centre de la zone émotionnelle vers la zone intellectuelle par exemple en me disant que ses paroles ne sont que des mots; dès lors, je reste « maitre de moi-même »

Face à quelqu’un qui va attaquer mon centre religieux, je peux déplacer mon centre de la zone « spirituelle » à la zone émotionnelle en me disant : « après tout, la relation à la divinité est personnelle ! ». A ce moment, la personne en face de moi est désemparée parce que la réaction qu’il attendait n’arrive pas !

Nous y voici donc ! Apprendre à déplacer son centre de gravité, le concept n’est pas si farfelue que ça quand on y réfléchit bien !

En effet, plus un objet est compact, plus il est facile de le porter et de le  déplacer en identifiant son centre de gravité. Par exemple on ne peut pas porter l’eau sous forme liquide ou un serpent parce qu’ils n’ont pas de centre de gravité stables. Le serpent a un centre de gravité qui est en perpétuel mouvement, c’est pour cela qu’il est difficile de le saisir.

Si je peux comprendre cela, alors j’avance dans ma vie et dans ma compréhension des arts martiaux. Bien sur, cela est le travail de toute une vie, c’est un travail d’expérience et de sensation. La répétition des techniques dans les arts martiaux ne sont que des moyens pour nous aider à trouver notre centre ; Car, trouver son centre, c’est trouver sa force !art martiaux

 

Partager cet article

Repost 0
Published by ARIEL Ondoua - dans ARTS MARTIAUX
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de ARIEL Ondoua
  • Le blog de ARIEL Ondoua
  • : LIEU DE CREATION, de spontaneité et de liberté.
  • Contact

Recherche

Liens