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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 14:36

 

Poème du voyageur

 

 

J’ai une lettre que mon père m’a remis à l’aéroport et que je relis et médite à chacun de mes voyages. Bien des années plus tard je me suis rendu compte lors d’une découverte hasardeuse qu’il s’était inspiré du poème de Constantin Cavafis pour qui j’ai développé par la suite une très certaine sympathie.

 

Cette lettre de mon père,  je l’ai intitulé le poème du voyageur. Elle m’a toujours porté chance dans mes voyages et expériences, et je tiens aujourd’hui à la partager avec vous !

 

Mon fils,

Quand tu prendras le chemin de tes reves,

Je te souhaite que ta route soit longue, pleine d’aventures et riche d’enseignements.

Ne crains pas les difficultés sur le chemin,

Ni les préjugés que d’autres ont subis avant toi : chaque histoire est une aventure nouvelle

Ne crains pas de dépasser tes ancetres,

Ni de te découvrir de nouvelles limites

 

                     *

Si tu prends la route sans préjugés ni apriori,

Jamais tu ne les rencontreras sur ton chemin,

Car le monde est toujours un reflet de ton ame

                  *

Mon fils, je te souhaite que ta route  soit longue,

Que chaque matin soit pour toi une merveille,

Que tu ai du plaisir à découvrir des ports inconnus,

 

Que chaque histoire t’apporte  une joie nouvelle,

                     *

Va, va découvrir leurs filles, leurs légendes, marchés et histoires car tu y trouveras ton ame,

Visite leurs peurs et leurs préjugés,

Respecte leur tabou et éclaire leur ignorance

                             *

Vas et instruis-toi auprès de leurs sages,

De ceux -là qui savent tant et qui ont tant à t’enseigner sur la vie !

Mais garde toujours ton but présent à l’esprit.

Et ne perds surtout pas ton ame en chemin,

                       *

Mais surtout, n’accélère pas le pas pour écourter ton voyage,

Car on arrive toujours à l’endroit qu’il faut au moment qu’il faut,

Prends le temps de visiter tous les prots sans oublier les deux gouttes d’huiles dans la cueillère,

Profite de chaque amitié,

Respecte chaque ennemi et garde précieusement tes valeurs et ton sourire,

                      *

Mieux vaut approfondir tes connaissances et ne retourner que riche de tes expériences et de ton histoire,

 N’attends pas de ma bénédiction d’autres bienfaits,

Car je t’aurai offert ce beau voyage, au pays de ton ame

Ou on n’en ressort que Homme et plus fort,

Remercie les tragédies et malheurs, car sans eux, tu n’aurais jamais pris la route,

Ils t’ont fait du mal, mais ils t’ont apporté bien plus,

                           *

Et meme si à la fin de ton voyage tu ne trouves pas la gloire que tu attendais en retour,

Ne crois pas que la vie t’aura trompé,

Ne crois pas que ton voyage aura été vain,

CAR TU SERAS DEVENU UN HOMME, MON FILS.

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Published by ARIEL Ondoua - dans POEME
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valentini 21/06/2012 14:07


 


STO KALAMO


 


Les espoirs de vie sage ont immigré vers des terres inaccessibles. Ont-elles jamais fait autre chose que d'aller d'île en île ? Leurs routes croisent encore les vents violents de l'histoire
où plane ineffable le parfum viril de l'extermination. Sans massacres de masse, la vie manquerait de piment ou serait sans sel.


Mais tu es à Kalamos. Courte portion de crique, bordée d'une plate-forme rouillée, rocheuse qui barre la plage, sur ta gauche, et arrêtée par une sorte d'éperon, à droite, qui chevauche l'eau,
orné d'un plumet d'arbres pendus dans le ciel, comme un colifichet. Il talonne l'espace sans fin au-dessus de rochers éboulés depuis des millénaires. Jason y aura fait son rêve doré. Tout ici
incline à la tranquillité.


La maison des Autrichiens, en bord de mer, est vide. Il n'y a personne d'autre que toi, aujourd'hui. Excepté les dieux sourds comme des pots, qui communiquent entre eux, en contractant l'abdomen,
par stridulation. Tu lis un livre qui parle du temps qui passe et se dépasse. Se rattraperait-t-il donc ? C'est une lecture sur fond de léger clapotis qu'un bruit de jet de vapeur interrompt
par instants aussi impérativement que brièvement. Toutes les cadences ne sont pas infernales.


Il ne peut rien t'arriver. La nature vit sa vie. Toi, la tienne. Ilias est enfermé dans sa librairie. Maria s'occupe de ses abricotiers ou cueille des noix. Manolis est au chevet de son frère en
soins intensifs. Catharina et Kostas, je ne les ai pas vus depuis longtemps. Tu connais le stade de la sagesse formelle. Enfin presque. Un album de souvenirs n'est pas une ammonite sèche et
parfaite, comme un gros caillou rond et blanc, volé aux poissons et qui sèche au soleil. Là-bas loin, au-dessus des montagnes, où désormais erre pour ce siècle l'image de Théo Angelopoulos,
frappé par la foudre ou un ange de la mort, petites notes désinvoltes du hasard, qui a affronté, en son temps, le désir d'oubli orthodoxe, la religion est en fait hétérodoxe à la terre, comme la
plaie béante dans le flanc de l'homme frappé à mort, des têtes décapitées flottent. Un officier anglais rigole. Il parle de football. Puis de Tito et de Staline. À chacun ses dieux et génies.
Peut-être est-ce en embrassant un autre homme qu'il redevient humain ? Se sent-il alors vivant ? Comme le fut Cimon, fils de Léarque ou Aristomène, fils de Ménélas ou encore Césarion
qui n'ont connu aucun jour de 1909, 1910 et 1911, ni à plus forte raison de 2012.


Un bleu violent inchangé domine qui parfume les narines délicates d'un rédacteur de feuilles de patronage, dubitatif. Oui ! Dieu ! Peut-être ! Pourquoi pas ? Tout compte
fait ! Comme Artaban bien placé dans la cinquième. Bougre d'âne !


Dans le ciel, rien ne se construit. Trois petits tours, s'y promènent des satellites qui étincellent, brûlent et disparaissent, faute d'une insoutenable légèreté. Ainsi les préceptes, entre des
mains impériales, à la peau déjà parcheminée.


La nuit est tombée sur Kalamos. Je regarde la lune. C'était la même entre Rome et Carthage. Je la regarde, comme une chose évidente toujours là depuis toujours. C'est un meuble au style unique et
parfait, où ranger ton album aux souvenirs. Je ne suis pas Grec, bien sûr. Mais l'habitude va te happer à nouveau toi aussi, loin de Kalamos, à deux heures de Paris. 2 H 07, exactement. Je suis
aussi doté d'une mémoire technologique, sans faille. Je laisse à d'autres, mais ai-je le choix, le soin d'imaginer des lunes de substitution. Ce dialogue est entre satellites plus ou moins
frères. Je n'y ai pas ma place.


En attendant, avant mon retour à la « vraie » vie, avant que je ne me réveille et reprenne connaissance de ce bon vieux monde et de toutes ses réussites, ô Ilias, Maria, Manolis, mettez
le raki sur la table ! Faisons danser les mots ! Cassons les assiettes ! Ce soir, ce soir au moins, ego spiti ! Je veux vivre en paix.


 


Que l'histoire ensuite dispose de moi !

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